Christophe M.
Gardien De La Paix À La Brigade D'Assistance Aux Personnes Sans-Abri
Domaine de métiers La sécurité publique

Profil de Christophe

Expériences

Après un master 2 en chinois, policier (GPX) de 2007 à aujourd'hui!
J'ai commencé par un Master 2 de chinois à la fac d'Aix-Marseille. Par quête identitaire car j'ai des origines asiatiques. Puis j'ai voulu passer à autre chose. La vie est faite de cycles différents. On va dire que j'étais un mélange d'intellectuel féru d'action et de sports de contact, le tout parsemé de valeurs humanistes comme la paix et la non-violence. Je voulais améliorer la société. Quel job mieux que policier est au coeur de tous les conflits pour les arbitrer d'une certaine façon ? Alors j'ai pris acte de cette diversité d'envies en moi. Je voulais mêler action concrète pour la paix avec un bon niveau de compréhension des problématiques de la société! :-)
Au départ, j'ai été inspiré à tort par les reportages télé sur la police et la littérature policière. Je dis "à tort" car tout ça est de l'ordre du fantasme, de l'orgueil. La police du réel, de la vraie vie, c'est celle d'un travail d'équipe, pas le fait d'un seul homme ou d'une seule femme. Et surtout, avec le temps, j'ai compris qu'on résolvait 99 % des situations conflictuelles entre les gens mais aussi entre la police et les gens avec la PAROLE, et très peu de coercition au final, sauf cas graves (pathologies mentales, alcoolisme, ou attitude réellement hostile à l'ordre républicain). Tout mon parcours professionnel, du centre de rétention de Vincennes (CRA) jusqu'à la Brigade d'Assistance aux Personnes Sans-Abri (BAPSA) en passant par la police-secours et la Brigade Locale de Protection de la Famille (BLPF) en commissariat a été motivé par la bienveillance et le souhait constant d'apaiser les tensions. Pas de les aviver. J'ai toujours pensé qu'un policier devait être au dessus de la population, pas pour la dominer mais pour "l'inspirer" du point de vue des valeurs humaines !

Poste actuel

Je m'occupe de SDF (maraudes dans Paris + transport en hébergements).
Je travaille actuellement à la Brigade d'Assistance aux Personnes Sans-Abri (BAPSA), laquelle relève de la sous-direction des services spécialisés à la DSPAP. 2 missions principales : 1. Des maraudes dans tout Paris et sa banlieue selon les sollicitations du Samu social (115), des riverains ou des mairies pour tous les cas préoccupants de sdf. 2. La conduite d'un grand bus avec environ 145 Sdf (en 2 fois) dans un centre d'hébergement (CHAPSA) à Nanterre pour une nuit, tous les jours à 15h et 18h depuis la porte de la Villette à Paris 19. J'ai eu le permis D (transport en commun) en janvier 2018 grâce à la police qui m'a envoyé 1 mois et demi en formation au garage sud de Chevilly-Larue (94):-) Il ne s'agit absolument pas d'une police coercitive et "punchy". L'approche est totalement humaine, bienveillante et "douce". Les Sdf sont déjà des gens abîmés par la vie, alors les considérer, les appeler par leur prénom, discuter de leurs problèmes, essayer de trouver des solutions, les orienter vers des associations ou des structures d'accueil de jour (Emmaüs, Armée du Salut, Protection civile, antenne de la mairie de Paris, Espace de Solidarité et d'Insertion, etc.), sans omettre de les rappeler avec diplomatie au respect de la tranquillité des riverains, de l'hygiène et du comportement sur la voie publique, notamment en présence d'enfants et de famille, tout cela fait partie de notre job à la Bapsa! L'uniforme nous donne une certaine autorité dans les cas difficiles car malgré notre approche plutôt douce, il y a des cas extrêmes où nous devons en amener contre leur gré à l'hôpital pour y être soignés et remis en état! C'est aussi ça la considération par la République! J'ai le souvenir de sdf recouverts d'excréments que j'ai dû prendre en charge avec de grandes difficultés...

Motivations

L'approche très sociale. La fraternité républicaine de la police
L'approche dans mon service est très sociale et souriante. Dans le métier de policier, on ne peut pas toujours être sympathique. Il faut parfois être très ferme selon les situations. Mais dans le cas des sdf, c'est différent : ce sont souvent des personnes très abîmées par la vie. Être autoritaire avec elles n'améliore pas toujours leur cas...Il faut donc leur redonner une identité en leur souriant, en les valorisant, en leur donnant des infos administratives et associatives pour s'en sortir, en résumé il faut leur redonner confiance en une République bienveillante ! Et tout ça dépend du capital humain de chaque agent. Par exemple je leur sers le café, je les conduis parfois dans des accueils de jour, je leur apporte des vêtements ou du matériel hygiénique glané dans les associations ! Je n'étais pas spécialement fait pour interpeler les délinquants, je l'ai fait, cela m'a plu un temps, mais on évolue avec l'âge et nos envies diffèrent! Ici, à la Bapsa, j'ai le sentiment de faire un job concrètement utile, d'avoir les remerciements des sdf sans filtre, en direct, et ça c'est hyper gratifiant pour le moral. On a le sentiment d'être un sauveur, ce qu'on est pas tout seul mais en équipe bien sûr! Mais voilà, il y a cette euphorie d'amener un peu de considération et de positif dans la vie de ces gens qui ont souvent eu un parcours normal avant de se retrouver à la rue! Je sui fier d'être français et d'être dans un pays où on aide les gens même quand ils n'ont plus rien. Rien ne me rendrait plus triste qu'une société à l'américaine sans aucune solidarité, où seul l'argent compte! A la Bapsa, vous et vos proches seront épatés de ce que vous y faîtes!

Conseils

Intégrité, sens moral, inspirer les gens et ne pas avoir leurs travers
Je conseillerais aux jeunes voulant s'engager dans la police de ne jamais oublier la symbolique de leur uniforme. La République, c'est EUX du fait de l'uniforme! On est tous humains et donc faillibles, mais quand on porte l'uniforme de la République, on doit avoir une EXEMPLARITE énorme sur son comportement. Tous les yeux sont rivés vers les policiers dans la rue, à la moindre intervention. Fumer, être impoli, agressif, ne pas être souriant, refuser d'indiquer son chemin aux usagers, avoir des réactions d'orgueil et envenimer par la parole certaines actions de police, il m'est arrivé, rarement certes, de le voir de la part de collègues policiers. Rien ne détruit plus notre image auprès du public que pareille attitude. Porter un uniforme de police est un immense honneur, il ne faut jamais perdre ça de l'esprit. J'invite aussi les futurs jeunes policiers à faire du sport, à avoir la meilleure hygiène de vie possible dans leur alimentation, leur sommeil, leurs fréquentations. Quelque part, il faut être une espèce de "sage" pour être policier selon moi. Je ne crois pas être naïf. J'ai juste une immense définition de mon métier qui m'a tout donné depuis 12 ans! La police est une micro société, malgré l'uniforme, nous sommes TOUS différents, votre défi sera de conjuguer ces différences pour rendre l'institution plus forte. Toujours vous demandez : et moi, qu'est-ce que je fais pour la société? Qu'est-ce que je fais pour les autres? Suis-je à la hauteur de ce que la police me donne comme honneur avec l'uniforme et comme traitement mensuel? Toutes ces questions comptent dans votre "vocation". Le défi sera de toujours de vous inspirer des meilleurs d'entre vous, de ne jamais céder à la démission morale pendant l'exercice de vos fonctions, surtout en public!

Réussites

D'avoir enfin trouvé un service de police taillé sur-mesure pour moi!
A la BAPSA, j'ai souvent eu l'immense satisfaction de recevoir des jeunes délinquants faisant un travail d'intérêt général parmi nous. Cela a toujours été une grande source de satisfaction de leur montrer que les policiers étaient aussi des gens comme les autres. Cela les fait sortir de leur quartier, leur fait voir autre chose, influence leur représentation du métier de policier, de nos missions. C'est une très grande satisfaction.
J'ai aussi eu l'immense satisfaction de faire sortir des gens de la rue, peu certes, lentement certes, mais toujours sans revenir à leur ancienne vie à la rue. Sortir de la rue peut être un très long processus pour certains sdf, il faut tout réapprendre : l'envie de vivre, de respecter les codes du vivre-ensemble, de faire des démarches administratives parfois complexes pour se loger ou bénéficier de revenus, etc. A la BAPSA, nous faisons un travail millimètre par millimètre, mais au bout d'un moment, cela fonctionne toujours. Ma grande réussite est aussi d'avoir un métier tellement merveilleux aux yeux des non policiers ! Quand je leur parle de mon service, les gens ont des étoiles dans les yeux, tous disent que c'est une idée géniale, que cela fait du bien à l'image de la police ! Peu de gens font des métiers à valeur sociale ajoutée, je ne crois pas qu'on ait la même satisfaction dans le milieu de la finance! Je suis aussi dans un service où les interactions sont nombreuses avec les travailleurs sociaux, les élus, les maraudes spontanées de citoyens, les associatifs de la protection civile ou de la croix rouge etc. Et j'oubliais : conduire un bus de la RAPT est super rigolo : un vrai vaisseau spatial à manier avec prudence cela dit!

Police nationale

Visiter le site